Des choses à dire...

« La vraie générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent » Albert Camus

lundi 20 août 2007

L'amitié...


Friends I will remember you
Think of you
Pray for you
And when another day is through
I’ll still be friends with you

Moi qui avais réussie à me convaincre que l’entrée à la maternelle serait facile… je me retrouve avec une petite Lisandre complètement désemparée à l’idée de perdre ses amis de la garderie. En larmes, elle me dit qu’elle veut rester à la garderie pour toujours, parce qu’elle ne veut pas perdre Marianne, Chloé, Marika, Zoé, Mathilde, Victoria, Stella-Marianne, Alessia, Manu, Linux, Axel, etc. Même si je suis prête à faire des efforts pour conserver certaines amitiés, je sais très bien qu’elle ne reverra pas la plupart d’entre eux. Premièrement, les amis de la garderie de l’Université sont dispersés aux quatre coins de la ville. Ils fréquenteront donc des écoles différentes. Deuxièmement, le groupe d’amis de Lisandre ressemble à une mini délégation de l’ONU. En provenance du Mexique, du Rwanda, du Maroc, de Madagascar, de l’Italie, de l’Allemagne, plusieurs enfants retourneront dans leur pays éventuellement, une fois les études de papa-maman terminées.

J’essais de lui faire voir le tout avec un peu de philosophie :
- « Penses à tous les beaux moments que tu as vécus avec tes amis. Ces souvenirs resteront ancrés dans ta mémoire. Tu as plein de belles photos pour t’aider à te rappeler.
- Marianne! Whaaaaaaaa!
- Voyons Loulou…
- Victoria! Whaaaaaaa!
- Je sais, je sais… »

Je sais ce que Lisandre ressent…

Karin, Vanessa, Lorrie, Carmen, Michèle, Clara, Katie, Jeanin,… De toutes ces amies rencontrées à l’étranger (je considère l’Alberta comme faisant partie de l’étranger) qui ont fait partie de ma vie plus ou moins longtemps et qui auraient pu devenir des sœurs pour moi, seules Carmen et Michèle sont restées. C’est triste, mais lorsqu’on change de pays ou de province trois fois en moins de dix ans, c’est ce qui arrive. On se rencontre, on devient amis un peu comme des enfants, parce que l’autre est là, parce que l’autre est seul et que nous aussi on se sent seul, parce qu’on ne connaît personne d’autre et que l’autre semble être prêt à nous ouvrir son cœur. Plus on se connaît, plus on s’attache. On se découvre toutes sortes de points en commun, on mise là-dessus pour développer notre amitié.
Puis vient le moment de déménager, ou vient le moment où l’autre doit partir. On se promet de rester en contact : « écris-moi dès que tu arrives pour me raconter comment s’est passé le déménagement ». On s’envoie plusieurs courriels au cours des premières semaines, puis un peu moins au cours des mois qui suivent, puis plus du tout, sauf peut-être une carte à Noël, et encore là… On partage les mêmes bonnes intentions de garder contact, mais on réalise rapidement que la vie prend trop souvent le dessus et nous empêche de faire tout ce qu’on aimerait. C’est difficile de demeurer amis quand l’autre habite la France, le Portugal, les Etats-Unis, le Mexique, le Canada anglais ou le Cameroun.

Je crois tout de même que le seul point négatif lorsqu’on s’investie dans une nouvelle amitié, c’est de devoir envisager qu’elle se terminera peut-être un jour. Parfois elle reste pour toute la vie. Dans ce cas, c’est merveilleux. Lorsque cette amitié finit par s’éteindre, il nous reste alors à se remémorer les bons souvenirs, les cafés que nous prenions ensemble le vendredi après-midi en pratiquant mon espagnol, la friperie que nous avions organisée avec tellement de cœur, la centaine de crêpes que nous avions faite en une soirée pour le déjeuner du lendemain au bureau, et tout le reste.

J’ai une petite Lisandre à consoler. Parce qu’avant de pouvoir se dire qu’il lui reste au moins les bons souvenirs, il lui faut faire son deuil de Marianne, Chloé, Marika, Zoé, Mathilde, Victoria, Stella-Marianne, Alessia, Manu, Linux, Axel, etc. …

lundi 30 juillet 2007

Le respect de la nature

Lors de notre visite au chalet de Luc-Pascal et Marcel, nous sommes allés faire une mini-randonnée avec Lisandre. Sur le chemin, Luc-Pascal, très écolo, ramassait les déchets qu’il trouvait en se faisant aider de Lisandre, qui disait à chaque fois qu’elle trouvait quelque chose de nouveau : « ils ne sont pas gentils les gens qui ont laissé ça là. » Depuis, lorsque nous nous promenons dans les sentiers pédestres de notre ville, Lisandre y ramasse les déchets qu’elle y trouve : bouteille d’eau, morceaux de carton, sacs de plastique, canettes, etc. À la maison, elle place le tout à la récupération. Voilà une très belle chose que notre ami Luc-Pascal lui a montrée : le respect de la nature.

lundi 2 juillet 2007

Saint-Alexis-des-monstres

Le 1er juillet, 2007
Nous venons de passer la fin de semaine à Saint-Alexis-des-monts, au chalet de nos amis Luc-Pascal et Marcel.

- « Nous allons à Saint-Alexis-des-monstres???, s’est exclamée Lisandre. »

Ce qu'elle peut être spontanée et drôle cette petite!

***

Notre séjour a été très plaisant, nous avons fait une balade en canot Luc et moi avec Lisandre, qui s’est amusée à cueillir des nénuphars dans les marais où nous nous sommes aventurés. J’ai même eu la chance d’apercevoir Stephie Shock en maillot de bain sur le terrain du chalet qu’il loue, tout près de celui de Luc et Marcel (mais bon, Stephie Shock en maillot est à peu près aussi excitant que Stephen Harper en habit de Cow-boy, alors les filles, pas de quoi être jalouses…).

Bref, nous avons passé une belle fin de semaine en merveilleuse compagnie.

Nous devions cependant partir tôt après le dîner aujourd’hui parce qu’on doit aller voir Manu Chao ce soir au parc Jean-Drapeau.

13 h 30 : nous sommes donc dans la voiture et nous envoyons la main à nos hôtes.

13 h 40 : on est pris dans la (calice de) parade de la fête du Canada, version village de Saint-Alexis-des-monts. Je sors de la voiture et je demande au charmant pompier à l’accent de fond de campagne s’il y a un autre chemin par lequel on peut passer. Ce dernier me répond que non. Wow! Comme l’itinéraire de cette parade a été bien pensé...

- « Combien de temps ça dure cette charmante parade monsieur le pompier?
- Entre une heure et une heure et demie.
- Une heure et une heure et demie!?
- C’est bien ça ma petite madame.
- Euh… Merci? »

Bon, tant qu’à rester jamés icitte, on va sortir les enfants de la voiture et regarder la parade…

Ouch et re-ouch!

Jamais rien vu de tel. Même Lisandre est découragée :

- « Maman, cette parade, elle n’est vraiment pas aussi belle que celle du Carnaval enh?
- Loin d’être aussi belle puce, tu as raison… »

Le défilé était composé d’une vingtaine de chars allégoriques improvisés : des brouettes, des voiturettes de golf décorées de peaux d’ours, des pick-up avec du monde pas trop joli assis dans la boîte et qui faisait des « babye », des automobiles arborant de la publicité pour le dépanneur Chez Ti-père et pour la cantine Au roi de la patate, des autobus scolaires et des espèces de vélomoteurs dont le plus vieux conducteur devait avoir à peu près 13 ans. Dans un des chars les plus élaborés, un trio infernal, constitué d’un violoneux et de deux chanteuses, nous cassait les oreilles avec du country. Les deux chanteuses, habillées de jupes à carreaux rouge et blanc et portant un bonnet blanc sur la tête, semblaient vraiment se prendre au sérieux, ce qui ajoutait au pathétique. C'est l'ambulance du village qui fermait la parade... En riant, Stéphane m’a lancé un « Aie Bibi, peux-tu mettre des photos sur ton blog? » Mais j’étais trop découragée pour aller chercher l’appareil…

Ouf! Toute une expérience, euh… culturelle?

***

Changement d’à-propos, c’est aujourd’hui notre septième anniversaire de mariage à Steph et moi. Merci Bi d’endurer l’espèce de folle que je suis depuis toutes ces années. Tu as définitivement fait preuve de BEAUCOUP de patience et d’amour avec moi. Merci aussi de m’avoir fait deux si belles petites filles. Merci d’être le meilleur époux, le meilleur papa au monde. Je t’aime... encore. ;)

Tadoussac

Mercredi, le 27 juin, 2007
Nous sommes à Tadoussac. N’ayant pas prévu de vacances élaborées cette année, nous avons décidé hier de venir montrer les baleines aux enfants.

À peine arrivés dans notre chambre d’hôtel, je me rends compte que j’ai oublié les bas et les pantalons de Lisandre. Il fait à peu près 10 degrés dehors, il pleut des clous, et tout ce qu’elle aura à se mettre sur le dos pour les deux prochains jours sont une robe soleil et des shorts.

Mmmm… Bravo Maman!

Remplie de compassion, Lisandre m’a glissé un « je te pardonne maman » à l’oreille avant de m’expliquer que, malgré tout, je ne suis pas si pire que ça :

Maman :
- « Tu parles d’une mère indigne!

Lisandre :
- Mais non maman, il y a au moins une maman qui soit pire que toi.

Maman, sceptique :
- Ha oui? Tu es certaine?

Lisandre, d’un air assuré :
- Mais oui! La belle-mère de Cendrillon!

Maman, soulagée :
- Haaaa! Merci puce! Comme tu es gentille. Je me sens beaucoup mieux maintenant! »

***

Jeudi, le 28 juin, 2007
Le soleil est revenu, mais il fait encore froid (maudit qu’on a le don nous autre de prendre nos vacances là où il fait frette). Stéphane a acheté des billets de croisière pour aller voir les baleines, alors je dois impérativement trouver des pantalons et des bas à Lisandre. Après le déjeuner, nous partons donc en escapade pour trouver un magasin où ils vendent des vêtements pour enfants. Je le répète : nous sommes à Tadoussac. C’est creux ça. C'est beau, mais c'est creux. Je m’informe et on me dit que je pourrais peut-être trouver ce que je cherche dans la ville voisine, à Saint-ché-pas-quoi-sur-mer.

- « Euh… À combien de temps d’ici? Environ 10 minutes? Super, merci beaucoup! »

Une heure plus tard, on trouve un Rossy. Imaginez comme cela est déprimant! Tu habites dans le plus profond du « no where », et le seul endroit que tu peux trouver pour t’habiller est un Rossy!! Pour ceux qui ne connaissent pas, Rossy est une coche au dessus des magasins à 1 $ (j’exagère à peine). On trouve une paire de pantalons rose nanane avec de magnifiques fleurs jaunes dessus : « Ooooon! Regarde si c’est beau Lisandre! » La petite de répondre : « Waaaaaaaaash!!! » Bon, passons à un autre appel alors… Papa, qui est dans la section des petits garçons, trouve finalement un swet suit gris, que Lisandre adore. Vendu!! On sort d’ici! Ha non, des bas! Il faut trouver des bas… Tiens, des bas Dora. Ok, on les prend. Go! On est partis…

Pendant que l’ours n’y est pas…

Nous partons ensuite faire une randonnée pédestre, tout près d’une baie qu’ils appellent la « Baie des bélugas », parce qu’on peut souvent apercevoir de ces jolies baleines blanches qui ressemblent à de gros dauphins contents. On peut également y rencontrer des ours… Ceux qui ont déjà fait de la randonnée avec moi savent qu’il s’agit là d’une de mes plus grandes peurs. Alors pour éviter que cela nous arrive, j’incite Lisandre à chanter haut et fort : « Promenons-nous dans les bois, pendant que l’ours (euh… le loup) n’y est pas, si l’ours (le loup) y était, il nous mangerait… » Mais notre petite chérie d’amour, elle, ne veut pas chanter :

- « Non maman, si on ne fait pas de bruit, on va peut être en voir un ours!
- Crois-moi puce, tu ne veux pas rencontrer d’ours.
- Un bébé ours alors?
- Encore moins… »

Les baleines

Midi. Vite! On va manquer notre croisière! On prend le sac-à-dos, les manteaux, le porte bébé et le sac-à-dos qui s’attache après le porte bébé, et finalement, les enfants (il ne faut pas oublier les enfants...), et nous montons à bord du catamaran. Dites-moi pourquoi, pour une croisière de trois heures, faut-il que l’on soit chargés comme des chameaux? Plutôt que de ne trainer qu’un manteau attaché autour de la taille ainsi qu’un appareil photos, il faut tout emmener, TOUT, au cas où : des couches, au cas où Manu ferait caca; des pantalons de rechange, au cas où ça déborderait; du lait, de l’eau, des pommes, du fromage, des barres tendres, au cas où les petites auraient faim, des kleenex, au cas où elles auraient la morve au nez ou au cas où il n’y aurait pas de papier de toilette dans la salle de bain du bateau; des chapeaux de soleil et des chapeaux plus chauds, au cas où il ferait trop soleil ou trop froid; et plus encore mes chers amis! Bref, un peu plus et ils nous chargeaient un surplus pour les bagages (je rappelle que c’était une croisière de trois heures…).

Les enfants adorent la balade en bateau. Lisandre est très impressionnée par les baleines, ces gigantesques mammifères marins (car pour les ignorants de ce monde, les baleines ne sont pas des poissons, ce sont des mammifères). Nous apercevons des rorquals, des bélugas, et même des phoques communs (non, un phoque, ce n'est pas une baleine...). Quant à Manu, elle a préféré les mouettes : « Pipipipipi!!! » s’exclame-t-elle en les pointant du doigt. Elle a aussi appris deux nouveaux mots : poisson (en fait, elle a surtout appris à faire le bruit des poissons) et bateau (prononcé « batô??? »).
***

Vendredi le 29 juin, 2007
Tadoussac possède une belle et longue plage. Nous décidons d’aller s’y promener avant d’entreprendre le retour à la maison. Stéphane et moi espérons y marcher longuement pendant que Manuela dort dans le porte bébé et que Lisandre admire le paysage en nous suivant sans dire un mot. Hahahaha! Comme nous sommes drôles!

À peine avons-nous posé les pieds dans le sable qu’une petite voix se fait entendre :

- « J’ai enviiiiiiiiie!
- Haaaaaaa… Tu n’y es pas allée avant de quitter l’hôtel, comme on t’a dit?
- Ben non… »

Alors on remonte l’escalier, on remet les souliers (nos pieds sont déjà pleins de sable), on traverse la rue et on va faire pipi. On retourne ensuite à la plage. Enfin! Comme on sera bien, marcher les pieds dans l’eau, en jasant tranquillement…

- « Mamaaaaaaaaaaaan? Mamaaaaaaaaaaan? Mamaaaaaaaaaan?
- Minute Lili, je parle avec papa. »

Cinq secondes plus tard :

Lisandre :
- « Mamaaaaaaaaan? Mamaaaaaaaaaan?

Papa :
- Lisandre

Lisandre, impatiente :
- Oui mais, j’ai quelque chose de très important à vous dire.

Maman, retenant un soupir :
- Quoi?

Lisandre :
- Bien… pourquoi, pourquoi,… pourquoi que… (cette phrase prend environ une demi-heure à prononcer)

Maman, qui a très envie de lui coller un tape sur la bouche :
- Pourquoi que quoi puce?

Lisandre :
- Pourquoi que… je m’en rappelle pu…

Maman :
- Mmmm… Ça devait être très important, en effet.»

Quand à Manu, elle n’a pas du tout envie de dormir. Elle est toute excitée à la vue des vagues et de ses fameuses mouettes. Je propose donc de faire un château de sable, tout le monde ensemble. « Ouiiiiiiiii! » Il est beau notre château. Il a deux étages et quatre tours. On s’amuse bien en le faisant. Manu mange un peu de sable, court après les mouettes, essaie de plonger dans l’eau glacée. Lisandre va sur le bord de l’eau pour remplir son saut et elle revient en courant, effrayée : « Un craaaaaabe! ».
Bon, assez la plage. On va aller manger et rentrer à la maison.
p.s.: je vais envoyer des photos bientôt.

lundi 11 juin 2007

Le taille haie de mon beau père et le méchant « mess » que j'ai fait dans mon jardin...

Il y en a qui se coupent les cheveux (voir le texte plus bas), d’autres coupent leurs arbustes…

Mon beau papa m’a offert un magnifique taille haie l’autre jour. C’est ce matin que je l’ai essayé pour la première fois, dans le but de faire une job à un de nos arbustes que je trouvais un peu trop gros. Je vous laisse imaginer la suite avant de vous la raconter, mais en guise d’avant goût, je vous mentionne ceci: je suis loin d’avoir les pouces verts...

Pour tout vous dire, j’ai fait un travail comparable à celui de Lisandre qui s’est coupé les cheveux l’autre jour… Ha, que j’étais malheureuse quand je me suis rendue compte que je n’avais pas trimé juste un petit peu les branches qui dépassaient, mais que j’avais plutôt pratiquement décapité cette pauvre plante!

Pour réparer mon erreur, je me suis dit, « ha ben, c’est facile! Je vais transplanter ma grosse pivoine devant, alors ça ne paraîtra plus… ». La pivoine en question, avec sa motte de terre mouillée, devait peser à peu près 50 livres. Après avoir creusé tout autour pour la déterrer, j’ai tenté de la lever, mais voilà que je suis tombée sur le derrière, me retrouvant les quattre pattes en l'air avec de la terre partout dans la face et… deux pivoines dans les bras! « Hooooonqu’est-ce que j’ai fait là? », que je me suis dit, découragée. « Bon, ben, je vais planter deux pivoines d’abord… ». C'est ce que j'ai fait. Le résultat? Ben... pas si pire que ça finalement! Est-ce que mon arbuste et ma pivoine vont survivre? Je vous tiens au courant des suites…

mercredi 6 juin 2007

La coupe de cheveux

Est-ce que tous les enfants passent par là dites-moi?

Avant-hier, juste avant le bain, ma chère grande fille a décidé qu’elle se faisait une jolie coupe de cheveux. Elle a pris mes ciseaux et s’est d’abord pratiquée sur sa poupée Bébé Cendrillon, à qui elle a coupé les lulus. Puis, elle s’est fait un « merveilleux » toupet et un « magnifique » dégradé. Assurément, elle ne deviendra pas coiffeuse cette petite, parce qu’elle n’a aucun talent dans ce domaine… ;) Lorsque je suis entrée dans sa chambre et que j’ai vu des cheveux partout, j’ai simplement dit, stupéfaite : « Lisandre, qu’est-ce que t’as fait là? » À voir mon visage, elle a sûrement compris que ce qu’elle venait de faire n’était pas la chose la plus intelligente, parce qu’elle s’est tout de suite mise à pleurer… Steph et moi étions tellement sous le choc (c’était loin d’être beau à voir, je vous le dis!) que nous ne savions pas comment réagir.

Quand je lui ai demandé ce qui lui avait passé par la tête, elle m’a répondu qu’elle croyait que ses cheveux allaient repousser, comme dans Opération beurre de peanut. « Et bien non puce, les cheveux, ça ne repousse pas vite de même! » Et de nouveau, la crise de larmes à ne plus finir : « Mes cheveux! Mes cheveux!... »

Je l’ai donc emmené chez la coiffeuse hier après-midi, qui a bien rit lorsque je lui ai raconté l’histoire. Son collègue m'a dit: « Moi, ma fille c’est à sa cousine qu’elle avait coupé les cheveux! ».

Disons simplement que j'ai déjà été plus fière d'elle. Mais bon, je n'aurai qu'à mieux ranger mes ciseaux à l'avenir...

Coppelia: les dessous du spectacle...

Ce que j’ai vécu en fin de semaine restera gravé dans ma mémoire pour toujours…

Dimanche, c’était le spectacle de ballet de Lisandre. La directrice de l'école montait Coppelia. En tant que « maman de service » pour le groupe de ma puce, j’ai passé la fin de semaine à l’auditorium où avait lieu le spectacle. Mes fonctions : habilleuse, maquilleuse, couturière, coordonnatrice, moucheuse de nez, infirmière et « consoleuse » de petits cœurs tristes. Ayant passé toute la pratique générale et tout le temps du spectacle dans les loges et dans les coulisses avec les enfants, je ne peux rien vous dire du spectacle. Je tiens toutefois à vous en relater les dessous (dans tous les sens du terme puisque les loges sont situées sous la scène ;)...).

Nous avons d’abord passé la moitié de la journée de samedi à l’auditorium pour la pratique générale. On pouvait déjà sentir la fébrilité des danseuses, surtout les plus grandes, qui mettaient toute leur énergie à peaufiner les derniers détails de leurs chorégraphies. Nos petites, âgées de trois, quatre, cinq ans, ne semblaient pas trop comprendre pourquoi les plus grandes et les mamans étaient aussi énervées, et pourquoi madame Christy, la directrice de l’école, n’arrêtait pas de hausser le ton : « Hey, les filles, je vous l’ai dit cent fois que c’est au premier rideau que vous rentrez!! »… Nonobstant quelques anicroches, la pratique s’est bien déroulée et nous avons pu relaxer un peu samedi après-midi (euh… non, je rectifie : Lisandre a pu relaxer, tandis que maman et papa faisaient un blitz ménage pour que la visite que nous attendions pour le spectacle ne soit pas traumatisée par l’état de la maison. Manu quant à elle, courrait après la balayeuse et essayait d’ingurgiter du Hertel pendant qu’on lavait le plancher. Suicidaire notre bébé?).

Revenons donc à nos moutons… Dimanche était le grand jour. Lisandre et moi avons quitté la maison vers midi, toutes énervées pour notre spectacle. Je dis notre spectacle parce que je me suis tellement impliquée que j’avais presque l’impression d’en faire partie moi aussi.

Dans les loges, personne ne tenait en place. Les mamans s’affairaient du mieux qu’elles le pouvaient à coiffer, maquiller, habiller, etc. En attendant le moment où elles devaient entrer sur la scène, nous tentions d’occuper nos mini-ballerines du mieux que nous le pouvions avec les livres à colorier et autres activités que nous avions prévues. Mon cœur était rempli de bonheur. Je crois que celui de Lisandre aussi…

Juste avant que nos puces entrent en scène, j’ai ressenti un trac fou, comme si c’était moi qui s’en allais danser devant tous les spectateurs… En fait, il y avait un peu de moi là-dedans. Je sais, je sais… je ne dois pas essayer de revivre mon enfance via mes filles. Il y a des moments toutefois où c’est plus fort que moi…

Lisandre et ses camarades ont été merveilleuses. Elles ne se sont presque pas trompées (presque pas…). Et je vous garantis que dans les coulisses, il y avait des mamans pas mal émues… ;)

Pour voir les photos de la pratique générale et du spectacle, cliquez ici.